Comment gérer les conflits avec 3 enfants ?

Connaissez vous l’énigme du chou, de la chèvre et du loup ?

Un berger, en compagnie d’un loup, de sa chèvre et d’un chou, veut traverser une rivière. Pour cela, il dispose d’une petite barque qui ne peut que le contenir lui et un autre objet ou animal. Le problème qui se pose au berger est qu’il ne peut laisser sans surveillance le loup avec la chèvre, ou la chèvre avec le chou pour des raisons évidentes !
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Voilà qui résume parfaitement ma situation au quotidien !

Mon petit loup, Pierre-Louis, a une relation assez variable, tantôt d’amour, tantôt de rivalité avec ma petite chèvre, Anne-Lys. De son côté, Anne-Lys aime tellement mon petit chou, Emmanuelle, que ça en devient parfois dangereux.

C’est donc un casse-tête au quotidien pour gérer leurs relations et leurs conflits.

À certains moments, le loup est de bonne humeur et garde un œil bienveillant sur le chou sans manger la chèvre. Je peux donc être sereine et vaquer à mes occupations. Mais la plupart du temps, je dois en garder un près de moi pour éviter les chamailleries. En effet, quand le loup est trop content, il peut sans le vouloir bousculer le chou tandis que le chou qui grandit commence lui aussi à vouloir participer aux jeux.

Et puis, parfois les rôles s’inversent.

Anne-Lys devient le loup lorsqu’elle empêche son frère de dormir la nuit. Tandis que c’est Emmanuelle qui le devient lorsqu’elle s’approche trop près d’une tour en kapla construite minutieusement par Anne-Lys et Pierre-Louis.

Parfois, je rêve d’une aide permanente et j’aimerais bien avoir un jeune au pair. Mais en attendant que ce soit possible, voici quelques astuces que j’ai mises en place.

En voiture

C’est dans la voiture que le casse-tête prend tout son sens. Car quand je conduis je ne peux pas intervenir !

Comme dans l’énigme, ma solution est de mettre le chou et le loup à côté et la chèvre plus loin de façon à ne pas pouvoir être touchée par le loup et à ne pas pouvoir toucher le chou.

Avec la naissance d’Emmanuelle, nous avons changé de voiture pour une plus grande. Nous avons choisi une voiture 7 places, dont deux places à l’arrière sont pliables dans le coffre. Finalement, même si nous pourrions mettre les 3 sièges-auto sur la banquette arrière, nous mettons toujours Anne-Lys sur une des places du coffre.

Je “sacrifie” un peu de place pour les courses, mais je gagne la paix pour conduire !

Dans la chambre

Quand nous avons acheté notre maison de village, elle n’avait que 2 chambres.

Pendant longtemps, Anne-Lys a dormi dans notre chambre, mais lorsque je suis tombée enceinte d’Emmanuelle, elle a commencé à dormir dans la même chambre que Pierre-Louis. Cette étape se révéla désastreuse !

Le moment du coucher était très difficile car Anne-Lys et Pierre-Louis n’ont pas du tout les mêmes rythmes. Pierre-Louis aime dormir tôt et se lever tôt tandis que pour Anne-Lys c’est l’inverse ! Anne-Lys aime donc passer au moins une demie-heure dans son lit à parler avec ses poupées empêchant, sans aucune malice, son frère de dormir. Mais, au lever, Pierre-Louis réveille sa sœur qui n’est, de fait, pas de bonne humeur.

Cette situation a accéléré notre envie d’aménager une extension pour avoir une troisième petite chambre. Cette petite pièce nous a permis de résoudre ce problème en les séparant et en permettant à chacun de vivre son sommeil à son rythme. Mais a aussi permis à Pierre-Louis d’avoir un espace personnel où Anne-Lys ne peut entrer qu’avec son accord.

En espérant que le problème ne resurgisse pas lorsqu’Emmanuelle ne dormira plus avec nous. Nous n’aurons plus de pièce magique a faire apparaitre dans notre maison !

Et le reste du temps ?

Pour le reste du temps, c’est un jeu d’équilibre permanent.

  • Est-ce que Pierre-Louis est assez calme pour pouvoir jouer avec ses soeurs ou a-t-il besoin de se retrouver seul pour se concentrer sur lui ?
  • Est-ce que Emmanuelle est d’humeur joueuse et ira toucher aux jeux de son frère et de sa soeur qui jouent tranquillement ?
  • Est-que Anne-Lys acceptera de regarder patiemment ce que construit son frère ou voudra-t-elle participer ?

Et surtout

  • Dois-je intervenir pour prévenir les conflits ? Ou bien Seulement quand ils éclatent ?
  • Comment dois-je intervenir pour être à la fois juste mais non envahissante afin qu’ils apprennent aussi à gérer leurs conflits ?
À lire aussi :  La Diversification Menée par l'Enfant : croquer la vie à pleines dents.

Ces questionnements m’ont beaucoup retourné le cerveau et je n’ai pas de réponses claires et définitives. Cela dépend en permanence de la situation, du moment de la journée, de l’humeur de chacun des enfants mais aussi de mon humeur.

Le livre qui a changé ma vision des conflits entre frères et sœurs

Il y a un livre qui a changé ma perception de la relation entre frère et soeurs et de mon rôle à jouer.

Ce livre c’est Frère et soeur sans rivalité de Adele Faber et Elaine Mazlish

Voici une partie de la quatrième de couverture.
Adele Faber et Elaine Mazlish refusent d’accepter l’idée que les taquineries constantes, les bagarres et les disputes sont le prix à payer pour avoir plus d’un enfant. À partir de leurs expériences personnelles et des centaines d’ateliers qu’elles ont menés partout aux États-Unis, les auteures ont développé des façons simples mais étonnamment efficaces de réduire les conflits en faisant appel à la bonne volonté des frères et soeurs. Des réflexions et des récits de parents viennent éclairer chaque habileté.

Les deux auteures ont aussi participé à d’autres livres très intéressants. Notamment Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent que je vous conseille aussi.

Ce livre donne ainsi de nombreuses idées pour aider les enfants à gérer leurs conflits de la manière la plus autonome possible. Il nous aide en tant que parent à les y conduire et nous apprend surtout comment ne pas les envenimer.

C’est le genre de livres pratique que j’aime beaucoup. Il est construit autour d’un atelier entre des parents. Il est rempli d’anecdotes, de témoignages poignants et de conseils très concrets. Et en plus, il propose des clés pour gérer les conflits entre les enfants de tout âge, des bambins aux grands adolescents voire adultes.

Voici donc la sélections des astuces que j’utilise régulièrement.

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1. Accueillir ce que les enfants ont sur le cœur

Je crois que cette première clé a été le point essentiel qui a “sauvé” la relation de Pierre-Louis et Anne-Lys. Pierre-Louis a eu beaucoup de mal à accepter l’arrivée d’Anne-Lys. C’est mon désappointement face à ses réactions dès la naissance de sa soeur qui m’a conduit vers ce livre.

Il s’agit donc d’accueillir sans jugement ce que les enfants ressentent, surtout lorsque ce sentiment est perçu comme négatif.

Ainsi quand un enfant dit par exemple “Je n’aime pas ma sœur” ou bien “J’aimerais jeter ma petit sœur.”, on accepte ce sentiment sans lui dire qu’il a tord ou que ce qu’il ressent est mal.

C’est un énorme travail sur soi-même lorsqu’on a un nouveau-né dans les bras pour ne pas dire à l’aîné que ce bébé ne mérite que de l’amour. Mais ce livre m’a permis de comprendre qu’il faut du temps au plus grand pour accepter qu’il n’est plus le seul. Et il est normal qu’il puisse en vouloir à ce bébé de prendre sa place. C’est seulement en acceptant ce sentiment “négatif” qu’on peut ensuite rassurer l’enfant sur l’amour que nous lui portons malgré l’arrivée du bébé.

Cela n’a pas magiquement résolu la relation de mes enfants mais m’a permis de la voir sous un autre angle et donc d’être plus apaisée. Aujourd’hui, ils s’entendent très bien et une réelle complicité est née entre eux.

2. Ne pas comparer les enfants entre eux

Cela parait évident de but en blanc ! Mais il s’agit encore d’un vrai travail sur soi-même en tant que parent pour ne jamais comparer ses enfants aussi bien en positif qu’en négatif.

Dans la relation de mes deux premiers, c’est un autre point crucial. Je sais que l’équilibre de leur relation est fragile. Et, je fais un réel effort pour ne jamais prendre l’un ou l’autre comme exemple de ce qu’il faut ou ne faut pas faire.

Il s’agit alors dans toutes situations de décrire les choses de manière factuelle sans faire intervenir ce qu’a fait le frère ou la soeur.

Cela permet à l’enfant de se concentrer sur ses capacités et de ne pas se sentir supérieur ou inférieur à son frère ou sa sœur. Il peut ainsi se construire dans son individualité et découvrir qu’il est unique.

3. Prendre en compte leurs différences

Mais ne pas comparer ne signifie pas traiter ses enfants de manière stictement égale. Chacun est unique et a des besoins et des envies spécifiques.

À lire aussi :  Mes 3 astuces pour faire manger des légumes à mes enfants.

Par exemple, à table, il arrive qu’un enfant compare la taille de la portion dans son assiette à celle de son frère. Il parait assez évident que les enfants n’ont pas exactement les mêmes besoins alimentaires, ils sont surement à des stades de croissance différents et n’ont pas les mêmes goûts. Il serait alors assez ridicule de vouloir à tout prix leur donner les mêmes portions, on pourrait très vite monter dans la surenchère et se retrouver à compter bêtement les petits pois dans l’assiette de l’un et de l’autre.

Il s’agit plutôt alors de s’adresser uniquement à l’enfant qui se plaint. “Tu as encore faim ?”, “Tu en veux encore ?” Ainsi, on recentre alors l’enfant sur sa personne, son ressenti et ses besoin et non plus sur ce qu’a l’autre. Cela ne règle pas forcément le problème, surtout s’il n’y a plus de quoi manger, mais au moins, l’enfant cesse d’être dans la comparaison.

D’autre part, il s’agit aussi de ne pas compter le temps car la perception du temps est relative… Relative à l’activité qui est faite et à la qualité de ce temps. Il s’agit de passer du temps de qualité avec chacun mais de manière personnalisée… Pas 10 minutes avec l’un puis 10 minutes avec l’autre.

J’ai remarqué que peu importe le temps que je passe avec Pierre-Louis, que ce soit 5 minutes ou 3 heures, tant qu’il peut discuter de quelque chose qui lui tient à cœur sans que j’ai à me préoccuper d’Anne-Lys, cela lui suffit. D’un autre côté, Anne-Lys ne réclame pas (encore) de temps particulier uniquement avec moi. Ainsi quand je passe un temps seule avec Pierre-Louis, je ne me met pas la pression pour trouver un temps équivalent avec Anne-Lys.

4. Intervenir pour les aider et sans prendre parti

C’est la partie la plus délicate pour moi. Quand un conflit éclate, je n’ai pas forcément vu toute la scène et même si c’était le cas, il me faut rester impartiale pour que chacun prenne conscience de son rôle dans la dispute.

Voici donc les étapes conseillées dans le livre pour gérer les conflits et que j’essaye d’appliquer au quotidien :

  • Comprendre la situation en demandant si possible à chacun de donner sa version
  • Faire exprimer les émotions de chacun pour que l’autre en prenne conscience et reconnaitre la colère ou frustration de chaque enfant
  • Montrer qu’on a compris le problème en reformulant
  • Trouver un juste compromis avec l’accord des enfants, voire leur laisser régler le problème s’ils en ont l’âge et la maturité

Avec beaucoup d’humour les auteures répartissent les disputent en plusieurs niveau :

  • Niveau 1 : les chamaillerie
    Ne pas intervenir car les enfants font une expérience bonne pour leur épanouissement
  • Niveau 2 : la situation se dégrade et pourrait demander l’intervention d’un adulte
    C’est dans ce cas que la suite de points ci-dessus est efficace
  • Niveau 3 : une situation potentiellement dangereuse
    Redonner les règles et demander aux enfants de jouer à un autre jeu
  • Niveau 4 : une situation définitivement dangereuse
    Séparer les enfants non sans leur avoir dit pourquoi.

C’est réellement un défi quotidien de les accompagner sans toujours défendre le même, sans toujours isoler le même… En prenant en compte les capacités de compréhension de chacun et sans laisser de rancunes sur le long terme. Mais garder ce livre à porter de main me rappelle régulièrement ces astuces qui souvent me font relativiser les conflits de mes 3 enfants.

Si vous souhaitez découvrir d’autres livres qui m’aident au quotidien dans ma vie je vous invite à lire l’article : 3 livres qui ont changé notre vie de famille

Et vous, quelles sont vos astuces pour gérer les conflits entre vos enfants ?

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