La motricité libre : explorer le monde sans contrainte

Un jour, lorsqu’Anne-Lys n’avait que 3 ou 4 mois, j’étais pour la première fois allée à une rencontre avec d’autres familles qui sont en instruction en famille. Alors que je tenais Anne-Lys debout, une des mamans présentes m’a demandé innocemment : “Est-ce que tu connais la motricité libre ?”

Et c’est ainsi que je découvris un nouveau concept qui allait changer notre vie de famille.

Qu’est-ce que la motricité libre ?

 La motricité libre consiste à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant sans les lui enseigner. Elle se base sur l’idée que, aussi bien les contraintes empêchant l’enfant de bouger, que les incitations trop précoces à accomplir des gestes non maitrisés par l’enfant, retardent son développement ou son autonomie.
Wikipédia

Ainsi, il s’agit de créer un environnement pour que l’enfant se développe en autonomie et ait confiance en ses capacités. Le laisser libre d’explorer le monde sans contrainte ni sur-stimulation pour progresser à son rythme. C’est observer et sécuriser son environnement pour avoir à intervenir le moins possible.

Ça vous rappelle quelque chose ? C’est aussi ma philosophie en instruction en famille.

Inversement, il s’agit de ne pas lui mettre de vêtements ou des chaussures qui entravent ses mouvements ou le déséquilibrent ou encore de le mettre dans une position qu’il ne maitrise pas encore.

Lorsqu’après cet après-midi, je rentrais chez moi, je me précipitai sur internet pour découvrir tous les tenants et aboutissants de la motricité libre car cette vision des choses me parlait énormément.

En quelques semaines, je me débarrassais de bon nombre de mes affaires de puériculture.

Dans la chambre

La première étape fut de revendre le lit à barreaux de ma fille pour la faire dormir sur un matelas peu épais à même le sol. En fait, je connaissais déjà cette façon de faire car je m’étais intéressée aux méthodes de Maria Montessori avant d’avoir des enfants. Cependant, j’avais été grandement freinée par mon entourage pour appliquer ce principe. Il n’était apparemment pas sain de faire dormir un enfant à même le sol. À l’époque je n’étais pas encore informée. J’ai donc fait comme la plupart des parents et j’ai acheté un lit à barreaux. Ma joie fut immense lorsque je rencontrai des mamans qui faisaient réellement dormir leurs enfants sur un matelas au sol. Et bye bye le lit à barreaux, et dans le même mouvement, le lit parapluie.

Mais mon enfant sort-il de son lit ?

Oui ! Anne-Lys a dormi dans notre chambre pendant plus d’un an et dès qu’elle a su se déplacer à quatre pattes, elle venait au pied de mon lit lorsqu’elle se réveillait pour téter. Plus tard quand elle dormait dans sa chambre, elle traversait tout le couloir lors de ses réveils nocturnes pour venir me voir. Et je vous avoue que c’est bien pratique ! L’inconvénient est que si elle ne veut pas dormir, elle peut aussi sortir… Mais, je vous raconterai un jour pourquoi je n’ai que rarement eu ce problème.

Dans la maison

L’étape suivante a été de revendre mon transat et tous les autres objets servant à poser bébé. Anne-Lys et Emmanuelle étaient tout le temps posée par terre quand je ne pouvais pas les porter. Quand je vais chez d’autres gens je les pose sur une petite couverture au sol s’il n’y a pas de tapis. Ainsi, elles peuvent explorer le monde à leur rythme.

Dans la même idée, je n’ai jamais mis de barrière en bas ou en haut de mes escaliers. Mes enfants ont été libres d’essayer de les monter où de les descendre, toujours avec la présence d’un adulte bien sûr.

Mais, mes enfants touchent-ils à tous nos objets ?

Oui ! Et je vous avoue que ce n’est pas forcément facile à vivre. Ce choix de vie a impliqué de créer un environnement totalement adapté aux enfants. Il n’y a rien de fragile ou de dangereux à leur portée. Pas d’objets de décoration design ou de chaises sur lequels ils ne peuvent pas monter. Ainsi, je ne passe pas mes journées derrière eux à leur dire de ne pas faire ci ou de ne pas toucher à ça car à priori tout ce qu’il peuvent prendre ou bouger est sécurisé. Ce qu’il ne doivent pas toucher est caché ou mis en hauteur.

Il faut tout de même rester vigilant car ils ont le don spécial de toujours trouver le petit truc auquel on n’avait pas pensé !

Dans l’eau

En écrivant cet article j’ai trouvé qu’il existait un mot pour parler de motricité libre dans l’eau : Le bain libéré.

Il s’agit donc de ne pas mettre de support quelconque lorsque l’enfant va dans l’eau, aussi bien dans la baignoire que dans une piscine.

C’est donc avec joie que j’ai viré ce truc moche en plastique qu’on pose au fond de la baignoire et dans le lequel bébé ne peut pas bouger. Ce truc avec une ligne qui indique une limite où remplir l’eau qui fait que bébé n’a même pas les jambes sous l’eau. Ce truc qu’on nous vend comme absolument sécuritaire et essentiel !

Ainsi, Emmanuelle, ma troisième, était à plat dos à même le fond de la baignoire avec assez d’eau pour lui recouvrir la moitié des oreilles dès son deuxième mois. Elle était libre de ses mouvements et pouvait avec plaisir découvrir le milieu aquatique.

Dans la piscine ou le lac, j’essaie de mettre le moins possible des brassard ou des gilets à mes enfants. Le but est qu’ils appréhendent la dynamique de l’eau, qu’elle ne soit pas vue comme un danger mais comme un milieu différent de la terre ferme à apprivoiser. Ainsi, ils comprennent rapidement qu’on peut couler dans l’eau ; que, comme on ne peut pas respirer sous l’eau, il faut avoir pied ou être avec un adulte. Et, je trouve que Pierre-Louis, qui va avoir 5 ans, est prudent quand il va dans l’eau. Il a compris seul comment se déplacer et comment flotter. Aujourd’hui, il se déplace sans soucis juste avec une frite.

Mais, n’ai-je pas peur que mon enfant se noie ?

Non, car la motricité libre dans l’eau implique la présence permanente d’un adulte. Je ne laisse pas Emmanuelle seule dans son bain, je ne laisse pas Pierre-Louis ou Anne-Lys seuls au bord d’une piscine ou du lac. Je suis à côté de façon à pouvoir les aider s’ils ont le moindre soucis.

Malheureusement depuis que j’ai 3 enfants ne sachant pas nager, je suis contrainte de leur mettre des protections. Et je vois bien la différence. Ils sont heureux de retrouver toute leur liberté de mouvement lorsqu’ils peuvent enlever leurs brassards ou gilet.

En promenade

Là encore, je pris une décision qui me trottait dans la tête depuis un moment. J’ai revendu ma poussette. Je n’avais jamais vraiment aimé le principe mais maintenant j’étais convaincue que je n’en avais pas besoin. Elle prenait beaucoup trop de place dans ma voiture et mon garage et j’aimais beaucoup porter mes enfants en écharpe. En plus, ça les incite à marcher ou se déplacer seuls s’ils ne veulent plus être portés. J’achetais rapidement une draisienne à mon fils et nous pouvions faire de très longues balades. Aujourd’hui, Pierre-Louis a “un vrai vélo avec des pédales”, Anne-Lys, une draisienne et Emmanuelle est portée.

Et quand je suis pressée ?

Et bien… J’essaie de ne pas l’être car sinon je sais que je serai en retard ! C’est sûr, je n’avance pas aussi vite qu’avec une poussette, surtout s’il y a des jolies fleurs ou des petites bébêtes à observer sur le chemin ! Mais c’est un choix de vie de prendre mon temps.

Au parc

Laisser ses enfants explorer sans contrainte, ça implique aussi beaucoup de lâcher prise. Au parc mais aussi dans bien d’autres lieux , je laisse mes enfants grimper où ils veulent à condition de ne pas gêner ou faire mal aux autres personnes présentes ni abimer les objets. Ils peuvent ainsi prendre le toboggan à l’endroit en descente évidemment, mais aussi en le remontant (car avouons-le c’est vachement mieux !). Mais aussi la tête la première, sur le vendre, sur le dos… Il peuvent monter par l’échelle ou l’escalier prévu mais aussi par les côtés. Ils peuvent se suspendre, sauter, rouler…

J’essaie en principe de ne pas leur dire ce qu’ils sont capables ou pas de faire. Je leur dis juste que s’ils ont peur, ils peuvent redescendre ou appeler “à l’aide” pour que je vienne. Et inversement, s’ils n’arrivent pas à monter seuls quelque part, je ne les aide pas. Typiquement si Pierre-Louis n’est pas capable de se mettre seul sur une balançoire, c’est qu’il ne sera pas non plus capable de se balancer et s’arrêter seul. C’est donc plus risqué pour lui.

Mais, mes enfants ne tombent-ils donc jamais ?

Ils tombent tout le temps ! La dernière fois, j’ai expliqué à Pierre-Louis comment descendre d’un poteau comme les pompiers. Avec beaucoup de prudence, il s’est lancé et a réussi. Anne-Lys a voulu faire pareil. Elle est tombée et elle a eu mal. Mais, quand je lui ai demandé si elle voulait rentrer, elle m’a dit non. Elle est retournée avec détermination vers ce fameux poteau. Après avoir réévalué les risques elle-même, elle a décidé de faire autre chose. Mais je ne doute pas que dans quelques semaines elle rééssaye ! Cette expérience lui a fait comprendre ses propres limites sans pour autant briser sa confiance en elle car elle sait que je suis là pour l’accompagner.

Dans la voiture

Et non pas de mobilité libre dans la voiture. Et mon petit cœur de maman pleure lorsque je dois attacher mes enfants, surtout mes nourrissons. Je déteste profondément la coque rigide et étouffante dans laquelle ils sont obligés d’être lorsqu’on prend la voiture.

Je passe solennellement un appel à des inventeurs pour qu’ils créent enfin un système de portage pour la voiture. Pour que bébé soit en sécurité non seulement physique mais aussi émotionnelle en étant tout près de maman ou de papa.

Et vous, pratiquez-vous la motricité libre avec vos enfants ?

Partagez
  •  
  •  
  • 1
  •  
  •  
  •  
  •  
    1
    Partage
  •  
    1
    Partage
  •  
  •  
  • 1
  •  
  •  

2 thoughts on “La motricité libre : explorer le monde sans contrainte

Laissez un commentaire

Vous êtes libre de recevoir gratuitement le livre de coloriage de la Famille Belette

%d blogueurs aiment cette page :