Je rêve d’une école sans programme scolaire

Cet article participe au carnaval d’article du blog “L’avis de Michaéline” qui nous invite réfléchir sur les pédagogies de demain. Michaéline se définit comme une multidys et est blogueuse littéraire. Sur son blog, elle accompagne les personnes dys (lexique, calculique…) dans leurs apprentissages. N’hésitez pas à aller visiter son site, particulièrement si vous êtes parents d’un enfant dys. En plus, elle a les mêmes goûts que moi en BD : Les carnets de Cerises !

Avant d’avoir un enfant, je ne m’étais jamais interrogée sur l’école ni la pédagogie. Comme la plupart des gens, j’étais allée à l’école et il me paraissait alors évident que mes enfants iraient aussi. Cependant, lorsqu’il a fallu que je réfléchisse à l’endroit où mes enfants apprendraient à lire, à compter, à écrire… ce ne fut plus aussi limpide.

Après mûre réflexion, notre choix se porta vers l’école à la maison ou plutôt l’instruction en famille. La nuance est importante car l’école à la maison implique que nous transposons le modèle de l’éducation national chez nous, souvent par l’intermédiaire de cours par correspondance, alors que l’instruction en famille, plus générique, parle juste du fait que nous offrons une instruction à nos enfants. Nous pouvons donc en toute légalité ne suivre aucun programme tant que nos enfants acquièrent progressivement les compétences d’un socle commun.

=> pour plus d’informations je vous conseille le site de l’association UNIE

Pourquoi avons-nous choisi de ne pas suivre de programme ni de méthode en particulier ?

Je pense qu’un programme ou une méthode est nécessaire lorsqu’on est face à un groupe qu’on veut faire avancer à une vitesse homogène, comme une classe à l’école par exemple, mais aussi dans une formation professionnelle où on veut emmener les étudiants d’un point A à un point B. Il faut alors créer des repères : les méthodes ou les programmes, qui permettent facilement de vérifier où l’enfant en est et ce qu’il lui faut encore apprendre par rapport au niveau auquel on veut l’amener l’année suivante. Cela permet aussi facilement d’évaluer les élèves.

Or, lorsqu’on est face à un seul enfant en cours particulier, ou face à son propre enfant, je crois que la nécessité de ces repères n’est plus aussi importante.

Les enfants, de nature curieuse, ont envie d’apprendre et en écoutant leurs envies, il n’est pas si difficile de trouver une façon de leur transmettre.

Je ne rejette pas les méthodes de lecture, de calcul ou autre, c’est juste que je les garde précieusement sous le coude pour le jour où mes enfants auront envie d’apprendre sur ce sujet. Ainsi je pourrai adopté la méthode qui correspondra le mieux à mon enfant. Pour moi, les querelles par exemple de la méthode globale ou syllabique n’ont de sens que dans un cadre collectif où il s’agit de trouver LA méthode avec le MINIMUM d’échec. Dans le cas où je suis en face à face avec mon enfant, je remarque très vite si la méthode ne le convient pas, ou en tout cas pas pour le moment.

Qu’apprenons-nous à nos enfants ?

En fait, nous n’avons pas de planning. Nous vivons et ils apprennent par ce que nous faisons et par nos activités.

Pierre-Louis connait les lettres de l’alphabets par un puzzle que j’ai un jour acheté. Il a beaucoup aimé et à force de me demander le son de chaque lette, il a appris. Puis j’ai trouvé le même puzzle avec les lettres scripts, je lui ai expliqué que c’était une autre façon d’écrire les lettres et par comparaison, il a réussi lui-même à retrouver le son de chaque lettre. Et puis un jour, j’ai découvert qu’Anne-Lys connaissait aussi quasiment toutes les lettres car son frère les lui a apprises à son tour.

De la même façon, Pierre-Louis a appris à dénombrer en faisant la cuisine, en me voyant compter les œufs ou les pommes, ou en mettant le couvert. Il a appris les couleurs par exemple en m’aidant à ranger les crayons ou mes bobines de fils…