Le petit guide pour raconter de belles histoires

Dans un précédent article, je vous ai expliqué les bienfaits de raconter des histoires aux enfants, mais aussi aux plus grands. Si n’êtes pas convaincus, courrez vite le lire ! Allez y, je vous attends…

Cliquez ici pour lire “Le jeu des 3 répétitions : le plaisir de raconter des histoires”

maman lit un livre histoires

Maintenant que vous êtes convaincus de la magie de raconter des histoires, vous vous demandez peut-être comment faire. Peut-être que comme moi, vous avez peur d’être ridicule, de ne pas être capable de capter l’attention de votre ou vos enfants ? Peut-être que vous ne savez pas comment commencer ou alors comment finir votre histoire ?

Voici donc une série de conseils, d’idées et d’astuces pour raconter des histoires à vos enfants.

Comment faire pour raconter une belle histoire ? Comment capter l’attention des enfants et les captiver ? Comment s’approprier l’histoire pour la transmettre ?

Une fois n’est pas coutume, je m’inspire du livre de Sara Cone Bryant “Comment raconter des histoires à nos enfants” pour écrire cet article. Sarah Cone Bryant était une conteuse et explique surtout comment faire comment raconter une histoire devant une audience, d’enfants en particulier. Je vais donc adapter ces conseils pour nous, parents. Je vais aussi ici uniquement me concentrer sur les histoires tirées de livres ou de films et non inventées.

Les lois de l’art de raconter une histoire

Connaitre son histoire

Avant tout chose, cela peut paraitre évident, mais il est important d’assimiler son histoire. Le but en racontant l’histoire est de transmettre son essence, ce qui en fait sa saveur et les émotions que nous avons ressenti. Ainsi, la première chose est de ne jamais raconter une histoire qu’on n’aime pas, qui ne fait pas écho en nous ou que nous n’avons pas compris car la transmission ne marchera pas.

Tout conteur a ses limites d’appréciation. Pour qu’un orateur s’empara d’une assemblée, il doit se produire quelque chose approchant de la suggestion hypnotique. Sarah Cone Bryant

Lorsqu’un conteur arrive à nous faire entrer dans son histoire on s’oublie et on vibre avec les personnages.

Mais, comment assimiler une histoire ?

Enfant dictée muette montessori lettre

En préambule, il faut préciser qu’une histoire racontée est forcément différente d’une histoire écrite et lue. Une histoire racontée va à l’essentiel pour ne pas perdre l’attention de l’auditoire et est souvent simplifiée.

L’approche est un peu différente en fonction des histoires. Car on peut choisir de raconter une fable, une histoire très courte ou un roman, une histoire très longue. Voici donc comment procéder pour simplifier et s’approprier une histoire selon sa longueur.

Pour un texte long :

  1. Repérer les événements importants, c’est à dire les éléments constructifs de l’histoire qui mènent à la résolution
  2. Réduire la taille des descriptions pour ne garder que ce qui est utile à l’histoire.
  3. Ne pas faire de digression, garder une voie unique et directe pour aller à la conclusion
  4. Ne garder que le fil principal, s’il y a des personnages secondaires avec des intrigues parallèles, n’en garder que la principale. Ainsi ne pas hésitez à diminuer le nombres de personnages et à se centrer sur le héros. L’enfant aura le plaisir de découvrir la complexité du récit original s’il le lit un jour.

Pour un texte court

  1. Donner toutes les explications nécessaires au dénouement au début afin que la dernière proposition renferme l’idée principale
  2. Enrichir le texte d’origine en inventant des détails
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Pour résumé, dans les deux cas :

  1. Garder la suite logique des évènements
  2. L’histoire doit être construite autour d’un unique but
  3. Utiliser un style simple et un vocabulaire qu’on maitrise
  4. Bien préparer son dénouement car l’appréciation d’une histoire tient beaucoup à sa chute.

Ainsi présenté, cela peut paraitre long et fastidieux, mais ne vous en faites pas, nul besoin de préparer une dissertation pour raconter une histoire à son enfant ! En réalité, tout cela se fait très naturellement. Essayez simplement de redire une histoire qui vous a plu et vous verrez que sans même y penser vous aurez réalisé ces étapes.

Et ensuite ?

Une fois que vous connaissez bien votre histoire, la suite est assez évidente. Car il s’agit au maximum de dire l’histoire sans hésiter, sans revenir en arrière et sans se répéter involontairement.

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Sarah Cone Bryant conseille de dire l’histoire pour soi-même avant de la raconter devant un auditoire. Mais comme dit en introduction, ses conseils étaient pour être conteur devant un public, par exemple pour les instituteurs. Dans le cas d’une histoire racontée à nos enfants, il n’y a pas besoin de gagner leur confiance et il nous pardonneront sans soucis nos bafouillages et autres petites erreurs. Si cela vous arrive, ce n’est donc pas la fin du monde. Il suffit de continuer sans inquiétude.

Mais attention assimiler l’histoire ne veut pas dire la mémoriser et la réciter. Il est important de laisser une place à la spontanéité. Le fond est plus important que la forme dans le cas d’une histoire racontée. Et si les phrases changent d’une fois à l’autre, c’est tant mieux ! La seule exception concerne les phrases caractéristiques du conte, sa signature comme le fameux “tire la chevillette et la bobinette cherra”.

Enfin, évitez d’interrompre l’histoire car cela fait sortir l’enfant de sa “transe” et lui redemandera du temps pour se remettre complètement dans la peau des personnages. Par contre, il est tout à fait envisageable de couper une histoire en plusieurs parties.

Raconter son histoire

Vous avez maintenant en tête plein d’histoires que vous aimez et que vous avez envie de raconter ? Voici 4 ingrédients pour une histoire réussie.

De la simplicité

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Soyez vous-même, cultivez votre instinct pour être en contact avec votre enfant et être certain qu’il comprend ce que vous êtes en train de dire. Ce n’est pas la peine d’employer des phrases aussi belles et poétiques que dans un livre, parlez de manière naturelle. Ne prenez pas non plus de voix stupides, trop aiguë ou enfantine, sauf si bien sûr le personnage que vous faites parler a une telle voix.

De la logique

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Pierre-Louis apprend à compter grâce à un boulier chinois sous le regard attentif de sa sœur

Quand on arrive à captiver l’enfant, il faut le garder en haleine. Comme dans un film, les actions doivent se succéder sans être interrompues avec une vitesse croissante jusqu’à la chute. Et ce d’autant plus lorsque l’enfant est petit.

Attention donc aux digressions mais aussi aux commentaires.On aurait parfois envie d’ajouter des petites phrases pour justifier l’action ou l’expliquer. “Oui, les chat ne parlent pas habituellement…i” lorsqu’on présente le Chat Botté ou bien “Je ne sais pas comment elle a fait pour transporter ses robes” lorsqu’on annonce que Peau d’âne s’enfuit… Cela dévie l’attention de l’enfant sur un point qui n’a pas d’importance. Vous aurez tout le loisir d’en discuter une fois l’histoire terminée.

Enfin, ne finissez pas l’histoire par une morale. Cela donne l’impression que vous avez raconté l’histoire dans l’unique but de faire passer ce message. Cela pourrait même aller jusqu’à ôter tout le plaisir d’entendre des histoires.

“Les histoires sont jolies, mais il y a toujours un petit bout ennuyeux à la fin” confiait un enfant à Sarah Cone Bryant.

De l’émotion

Éteignez votre esprit critique pendant le temps où vous racontez l’histoire et mettez vous dans la peau des personnages. Modulez votre voix, prenez les expressions qui correspondent à ce que ressentent vos personnages, faites des gestes si besoin.

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Mais attention, il ne s’agit pas de jouer, ce n’est pas une pièce de théâtre. Il s’agit juste de donner les éléments nécessaires pour activer l’imagination, pour faire voir à l’enfant ce qu’on raconte. Et mieux vous même vous visualisez, plus simple ce sera de le transmettre.

La valeur dramatique d’un interprête dépend surtout de la clarté et de la puissance avec laquelle il se représente les évènements qu’il dépeint”

De l’entrain

Comme dans toutes les activités qu’on fait avec les enfants, si l’on ne prend pas de plaisir alors on ne peut pas en donner. Il ne s’agit pas pour autant d’être en état d’excitation, mais de le dire avec calme et avec une joie profonde et intérieure qui rayonnera.

C’est pourquoi il est essentiel de choisir des histoires que vous aimez, qui vous font vibrer.

Mais attention, une histoire c’est sérieux ! Si vous le faites en vous moquant des personnages et des situations, vous ne pourrez pas entrainer l’enfant dans vos aventures, sauf si c’est une histoire drôle bien sur.

Et si un jour vous n’êtes pas dans l’état d’esprit parfait, vous pouvez faire semblant. Car si l’histoire que vous avez choisi vous a réellement touché et si vous faites un effort honnête pour la dire, la joie de la partager reviendra au fur et à mesure que vous la raconterez.

Et en bonus, une bonne élocution

enfant bébé raconte histoire micro

Le point qui est parfois aussi épineux est comment choisir ses mots et faire de belles phrases, sans les apprendre par cœur.

Sachez que c’est justement le bonheur de se faire raconter une histoire, elle prend la teinte de celui qui la raconte. Chacun à son style, soyez vous-même et on aimera ce que vous racontez parce que c’est vous qui le racontez, avec votre vocabulaire et votre joie.

J’ai un oncle qui a le talent extraordinaire de transformer un entretien d’embauche quelconque en parcours de combattant et en histoire épique. Cette histoire, sans son conteur, n’aurait aucun intérêt. Mais juste parce que c’est lui qui la raconte, le silence est complet lors des repas de famille pour écouter ses “grandes” aventures !

Faites simplement attention à ces quelques points :

  1. Évitez les gros mots et les vulgarités
  2. Ne parlez pas trop fort. Surtout ne criez pas, il n’est jamais agréable d’écouter quelqu’un qui crie
  3. Ayez une bonne articulation pour qu’on ne vous fasse pas répéter.

En résumé, posez votre voix pour qu’elle soit tranquille, reposante mais persuasive.

Et surtout amusez-vous et partagez de beaux moments avec vos enfants.

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2 thoughts on “Le petit guide pour raconter de belles histoires

  1. J’adore raconter (et encore plus inventer) des histoires 🙂 Merci pour cet article

  2. Le meilleur c’est quand on raconte une histoire déjà connue, déjà racontée une ou plusieurs fois… mais il ne faut pas rater les passages importants, ceux que l’enfant attend avec impatience.

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