Princesse Sarah : une histoire pour enfants ?

Cet article est la transcription de la vidéo que vous pouvez voir ci-dessous

Il y a quelques temps, Pierre-louis m’a demandé de lui raconter une histoire. Si me suivez un peu sur le blog, vous savez l’importance que j’accorde aux histoires et l’importance qu’elles ont dans le développement d’un enfant. À ce sujet, je vous invite vivement à télécharger mon livre “Des histoires pour rêver : comment choisir de belles histoires pour vos enfants”

J’ai donc pris l’habitude de raconter des histoires régulièrement à mes enfants. J’aime surtout leur raconter des histoires qui m’ont particulièrement touchée lorsque j’étais enfant. Alors, quand Pierre-Louis m’a demandé de lui raconter une nouvelle histoire, j’ai tout de suite pensé à Princesse Sarah

La triste vie de la belle Sarah

Pour ceux qui ne connaissent pas, “Princesse Sarah” est un animé japonais sorti en 1985. Il passait à la télé quand j’étais petite et que j’avais 7 ou 8 ans. Ce dessin animé est inspiré d’un roman anglais et raconte l’histoire d’une petite fille nommée Sarah. Tout cela se passe au XIXème siècle à Londres. Cette petite fille très intelligente et très douce va tout perdre, son père puis sa fortune, et se retrouver dans une situation horrible. Elle va devenir servante dans l’école où elle étudiait.

Évidement ça se termine bien, comme la majorité des histoires que je racontent à mes enfants. Tant qu’ils sont petits, ça me parait essentiel . Mes enfants avaient déjà beaucoup aimé l’histoire de Cendrillon qui est très similaire. Et là, Princesse Sarah leur a vraiment vraiment beaucoup plu.

De l’histoire au dessin-animé

Comme ils ont aimé, je me suis dit que peut-être je pourrais leur montrer le dessin animé.

Pour la plupart des films et des dessins animés que je montre à mes enfants, j’aime bien d’abord leur raconter l’histoire. Je l’ai fait par exemple pour Blanche-Neige et le Roi Lion. De cette façon, j’enlève tout effet de surprise négative. Les moments qui pourraient très choquants ou faire peur sont bien atténués lorsqu’on raconte une histoire. Ainsi, lorsque je leur montre le film et qu’il y a des moments qui font peur, ils savent déjà que ça va bien se finir.

Par exemple, ils savaient par avance que dans Le roi lion , Simba ne se fait pas manger par les hyènes. Et puis, si une scène fait vraiment peur, je leur explique. “Là, je coupe cette partie parce qu’elle fait peur, mais tu sais déjà ce qu’il va se passer.” Et, je les invite à me la raconter. Ainsi tout se passe bien, ils comprennent l’histoire, même j’ai supprimé un petit morceau. J’ai fait comme ça par exemple quand Blanche-Neige se perd dans la foret. Dans le dessin animé, cette scène fait vraiment peur, j’ai donc sauté cette scène. Comme les enfants avaient déjà compris qu’elle se perdait, ils n’ont pas eu de mal à suivre.

Comme j’avais déjà raconté l’histoire de princesse Sarah, je me suis dit que j’allais leur montrer le dessin animé. Si je voyais que c’était trop difficile pour eux, j’arrêterais.

Et bien, les enfants ont adoré !

On est très loin d’avoir fini car on regarde un épisode tous les deux jours et il y a près de 50 épisodes. Ça avance doucement ! Mais, ils accrochent vraiment.

Ils passent maintenant toute leur journée à jouer à Pincesse Sarah ! Anne-Lys c’est Sarah, Pierre-Louis c’est Peter et ils passent leur temps à appeler Emmanuelle Lottie !

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Est-ce que princesse Sarah n’est pas trop violent pour des petits ?

Pour rappel, mes enfants ont 5, 3 et 1 an. Bien sûr ma dernière ne regarde pas vraiment. La question concerne mes 2 ainés.

Un dessin animé à contempler

En préambule, dans l’animation japonaise des années 80 il y a peu d’images. Ce n’est pas vraiment comme les animés actuels, avec des effets spéciaux, des gens qui sautent partout, qui bougent vite et des couleurs super vives qui peuvent faire mal aux yeux. Les images ne défilent pas à une vitesse trop rapide pour des cerveaux en formation.

Princesse Sarah, c’est donc une animation lente et remplie de très beaux dialogues, les personnages parlent tous très bien. L’histoire n’avance donc pas très vite. C’est, je trouve, très typique de l’animation japonaise qu’on retrouve aussi dans les films du studio Ghibli et notamment ceux de Miyazaki. Le réalisateur prend le temps de montrer en détails des petits gestes quotidiens. Par exemple, quand Sarah prend un seau, non seulement on la voit prendre le seau, mais elle prend aussi le temps de mettre la serpillière dedans et de le porter. Ce n’est pas juste, elle prend le seau et on passe à une autre scène. Je trouve que cela est très intéressant et nous invite à la contemplation.

Il y a une scène qui m’a particulièrement touchée sur ce point. Sarah est essaie de calmer une de ses camarade de 4 ans, Lottie, qui est en pleurs et en pleine crise. Elle s’approche mais comme Lottie ne veut pas être touchée, Sarah attend. Et on attend réellement avec Sarah. La scène est assez longue et il ne se passe rien. On entend le bruit d’un train au loin et on voit Sarah debout jusqu’à ce que Lottie accepte de lui parler.

On a ainsi le temps d’admirer la scène et les enfants, même les plus jeunes, ont le temps de comprendre tout ce qu’il se passe.

La violence dans Princesse Sarah

Aussi, dans ce dessin animé, il n’y a quasiment pas de violence physique. Il n’y a pas de combats et il n’y a pas de gens qui sont tués, en tout cas pas devant la caméra. Lorsque le papa de Sarah qui meurt, la scène n’est pas montrée à l’écran. On apprend sa mort parce que quelqu’un vient l’annoncer à Sarah. Il n’y a pas non plus de courses poursuites ou d’autres situations mettant physiquement les personnages en danger.

Par contre , il y a beaucoup de violences psychologiques et d’injustices.

Est-ce qu’on peut montrer tout cela à des petits ?

Comme je l’explique dans mon livre “Des histoires pour rêver”, les histoires sont là pour nous divertir, c’est un fait. Mais surtout, leur intérêt est de nous faire grandir en empathie. Et je le constate bien avec Pierre-Louis, qui n’a que 5 ans. Il comprend tout et ressent vraiment ce que vit Sarah. Pour cela, je suis contente de lui avoir raconté l’histoire avant car il sait que ça se terminera bien. Ainsi, il ne le vit pas non plus de manière trop intense et garde une certaine distance. Mais, à chaque épisode, il ressent toute l’injustice qui s’abat contre Sarah et il a envie qu’elle se révolte. Je trouve ça très beau d’encourager ces bons sentiments et cette empathie.

Enfin, Sarah c’est un modèle de “Bonne conduite”, si on peut appelrer ça comme ça. C’est une fille douce, gentille, serviable et intelligente, la fille parfaite, qui fait tout parfaitement bien. Et, c’est fou comment cela impact positivement le comportement des enfants.

Attention, je ne dis pas qu’il faut raconter des histoires pour impacter positivement le comportement des enfants. Je l’explique bien dans mon livre, c’est pas du tout le but d’une histoire. D’ailleurs l’effet peut être négatif si on raconte une histoire pour que les enfants se comportent mieux. De toute façon, ça marche rarement ou en tout cas, ça ne tient pas sur le long terme.

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Par contre, le fait de proposer un beau modèle, une belle âme telle que princesse Sarah, fait que les enfants l’aiment profondément et l’admirent.

Un dessin animé aussi pour adultes

Comme ce dessin animé est inspiré d’un roman, il est très profond. Il explore en détails les sentiments des personnages principaux.

Lewis Carool disait qu’une histoires pour enfants qui ne plait pas aux adultes n’est pas une bonne histoires pour enfants. (Désolée, je n’ai pas retrouvé plus la citation exacte.)

C’est pourquoi, pour ma part, je choisis toujours des histoires à lire à mes enfants qui me plaisent et qui me touchent. Non pas que mes goûts soient universels et que mes enfants aiment forcément ce que j’aime et inversement ! Mais, je fais attention à voir, au delà de mes goûts personnels, ce qui est intéressants et ce qui ne l’est pas. Et je ne vois pas pourquoi leur montrer des histoires où il ne se passent pas grand chose, qui ne les pousse à réfléchir ou ne leur font pas vivre de belles aventures. Je souhaite que les histoires les transportent et leur apprennent à être pleinement humains.

Ainsi, je connais par cœur Princesse Sarah pour l’avoir vu 2 ou 3 fois. Et pourtant, maintenant que je revois le dessin animé avec les enfants, j’attends toujours avec impatience de voir la suite, comme si je la découvrais. Le plus drôle est que mon mari qui ne la connaissait pas du tout, suit aussi l’histoire avec beaucoup d’intérêt. Il nous demande tous les soirs de lui raconter les aventures du jour de Princesse Sarah.

Enfin, quand j’ai dit à ma maman que je regardais Princesse Sarah avec les enfants, elle a avoué avec émotion à Pierre-Louis, que, même si elle était une adulte, elle pleurait quand elle regardait ce dessin animé tellement il était beau. Et Pierre-Louis lui a répondu : “Moi aussi, Mamie je pleure parce que c’est trop triste ce qui arrive à Sarah !”

Donc, en plus de nous faire grandir en empathie, ce dessin animé relie les générations ! C’est la toute la magie et la beauté des histoires, particulièrement celles qui traversent les âges, comme les contes ou ce genre de roman.

Vous l’aurez compris je suis une grande admiratrice de cette histoire. Je vous invite vivement à la raconter, voire la montrer à vos enfants !

Et vous, avez-vous montré des dessins animés de votre enfance à vos enfants ?

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8 thoughts on “Princesse Sarah : une histoire pour enfants ?

  1. Je suis un garçon. J’ai grandi dans les années 80 (Club Dorothée et dessins animés de la 5…). J’étais plutôt “mangas japonnais comme tous les petits garçons de mon âge, mais je me souviens très bien de “Princesse Sarah” ! Le premier mot qui me vient, la première émotion qui remonte 35 ans après c’est celle que tu cites : la violence. Quelle claque cette histoire. Avec Rémi sans famille (issu de l’oeuvre d’Hector Malot), cela avait était les deux dessins animés les plus durs pour un enfant de 7/8 ans… Finalement plus dur que les scènes de batailles des mangas. Merci pour ton article, Aurélie.

    1. J’avais aussi très envie d’écrire sur Rémi sans famille mais il faudrait que je le revois d’abord. Je me rend compte que ces 2 histoires présentant des enfants dans des situations horribles m’ont beaucoup plus marquée et finalement fait murir que les autres dessins animés que je regardais. Pour ma part, j’étais un grande fan de Sailor Moon ! Mais à part qu’elle se transformait et que sa robe était trop belle je ne me souviens plus de grand chose 😀

  2. Un article très intéressant.

    J’ai un garçon de 6 ans, mais il est déjà vampirisé par les dessins animés d’aujourd’hui avec leur effets spéciaux et leurs couleurs vivent. Quand j’essai de lui faire regarder des choses moins violentes et plus lente, il a du mal à rentrer dedans.

    Il n’a pas aimé Captain Tsubasa et est attiré par Naruto que je trouve trop violent pour son âge.

    Il a bien aimé Mon Voisin Totoro. J’ai bon espoir de pouvoir lui faire partager ces chefs d’oeuvre avec le temps.

    1. Mes enfants ont aussi beaucoup aimé Totoro !

      Peut-être que raconter à votre fils l’histoire du dessin animé d’abord pourrait l’aider à accrocher. S’il aime à l’histoire que vous lui avait dite alors peut-être qu’il pourra aimer le dessin animé parce qu’il sera déjà attaché aux personnages. Je pense aussi que leur raconter avec nos mots et nos émotions peut leur donner envie de partager cela avec nous. C’est ce qui me plait le plus en montrant des dessins animés que j’ai vu petite, que ma maman connait et que la plupart des gens connaissent. Au lieu de créer une “culture des jeunes”, où nous, adultes, sommes exclus, cela permet de tisser des liens entre les générations. On parle ici de dessins animés mais c’est bien sur valable pour toutes les histoires.

  3. Eh bien manifestement cette histoire manque à ma culture générale 😀
    C’est bien vue de raconter l’histoire à l’avance pour qu’ils soient rassurés dans les passages stressant. Je n’avais pensé à cette astuce. Merci

  4. Merci pour ton article. Quand on regarde un dessin animé avec les enfants, on ne pense pas vraiment au fait qu’ils peuvent être troublés par l’histoire alors que certaines scènes sont violentes parfois même si ce sont des dessins animés. Les dessins animés d’aujourd’hui sont d’ailleurs destinés à la fois à un jeune public mais aussi aux adultes. Il faut donc se montrer prudent.
    Je trouve que Princesse Sarah fait partie de ces dessins-animé où les scènes montrées ne sont pas choquantes tout en faisant naitre des sentiments.
    J’ai la nostalgie des dessins animés de mon enfance!

    1. Je me méfie aussi beaucoup des dessins animés car c’est difficile de savoir à l’avance ce qui peut faire peur ou choquer. Pour ma part en plus de raconter l’histoire à l’avance, je ne laisse jamais mes enfants seuls devant un dessin animé et je n’hésite pas à sauter des passages ou même arrêter le film s’ils ont peur. Il y a quelques temps je leur ai raconté l’histoire de Kirikou et on a commencé à regarder le film et finalement comme le graphisme est assez angoissant pour les petits, on l’a arrêté dès la deuxième scène.

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